Est-ce la récente tournée de Depeche Mode qui est définitivement l’une des plus mauvaises du groupe ou bien la réalisation du DVD censé l’immortaliser qui souffre des expérimentations hasardeuses de Blue Leach qui succède aux manettes à l’immense Anton Corbijn ? Quoi qu’il en soit,Touring the angel ne fait pas le poids face au mythique Devotional et même au plus récent One night in Paris.
La setlist du concert n’est ni bonne, ni mauvaise. Elle reste hyper classique, difficile cela dit de couper certains vieux tubes quand on a plus de vingt ans de carrière derrière soi. Seule originalité, l’adjonction à ces vieux tubes, de très vieux tubes : Just can’t get enough et Everything counts. Mouais, je reste quand même de marbre : pourquoi avoir zappé Photographic qu’ils jouaient cet été sur les festivals ? Rayon satisfaction, on évite Condemnation, un vrai fléau en live. Plus sérieusement, trois titres sortent vraiment du lot : Walking in my shoes, dans une version assez différente, très rock, de celle que le groupe jouait notamment lors de la tournée Exciter, Shake the disease, une Martin Gore’s song qui pour une fois ne détruit pas l’ambiance du concert, et surtout Goodbye Lovers pour conclure le concert, dans une interprétation presque à capella, assez courageuse après plus de deux heures de concert tumultueux. Goodbye Lovers reste vraiment la bonne surprise des spectacles DM 2006 : dernier single d’Exciter, elle n’avait jamais été jouée en concert, et méritait bien tout de même de sortir un peu du placard.
Côté scénographie, grosse déception ! Comparée à ce que Depeche Mode avait su faire visuellement ces quinze dernières années, on ne peut que rester sur sa faim… le look vaisseau spatial en toc des pupitres ? Mouais. L’espèce de boule métallique qui balance des messages lumineux au dessus du groupe ? Mouais mouais. Les tenues de scène ? Et bien le bonnet iroquois de Martin Gore remporte la palme du costume (je ne trouve pas d’autre mot) le plus ridicule jamais porté par lui-même. Et Dieu sait que la barre est haute !
Quant à la réalisation, elle ne met pas du tout en valeur ce que le spectacle pouvait avoir d’intéressant et de novateur dans l’univers visuel du groupe. Aux plans larges qui permettent d’apprécier les projections en fond de scène sont systématiquement préférés des plans serrés sur les dents de Martin Gore, la raie de Fletch ou les joues mal rasées de Dave Gahan. Quant aux effets sur l’image elle-même, ils flinguent littéralement certains titres, curieusement une grosse majorité des morceaux du dernier album. Mince : c’est quoi cette verroterie à deux francs six sous et ces filtres qui rendent le visionnage vraiment pénible ?
Et niveau bonus alors ? Super, on retrouve les atroces projections du concert qui, au lieu des délicieuses vidéos très travaillées des tournées précédentes reprennent ici des images du concert lui-même, retravaillés d’une manière guère plus heureuse que l’image du DVD elle-même. Un petit documentaire sur la tournée qui se laisse regarder et un CD audio reprenant toutes les chansons de Playing the angel jouées à Milan. Sympa, mais bon pas transcendant non plus.
Bref, Touring the angel n’accomplit pas le miracle de transformer l’un des concerts d’une tournée passablement poussive et télécommandée en un chef d’œuvre musical et visuel. Dommage, mais logique finalement. Ca m'apprendra à rêver.
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[Touring the angel 2006]
2DVD + 1 CD











